Nous allons, lors de cette quatrième séance, mettre un accent particulier sur le fait de reconnaître l’aversion.

En effet Lorsque nous n’allons pas bien, que nous sommes stressés, anxieux, ou tristes, nous avons souvent tendance à comparer notre situation, avec un idéal, ou avec un moment passé. Il se produit alors une sorte d’évaluation négative, donnant naissance à un sentiment qui l’est tout autant.
L’objectif de la pleine conscience n’est pas d’empêcher cette expérience, mais d’apprendre à l’accueillir gentiment.

Les points essentiels de cet article sont :

Accueillir gentiment l’expérience ;

L’attachement et l’aversion ;

Ainsi qu’une présentation des exercices à faire pour la prochaine séance (cliquer afin d’y accéder directement).

Accueillir gentiment l’expérience qui se présente

Pourquoi faire une telle chose ?
Refuser une expérience nous en rend prisonnier. Tant que nous voulons nous en débarrasser, nous restons en lien étroit avec elle. Plus je refuse l’expérience de quelque chose, plus j’y pense…

Voici un exemple trivial afin d’illustrer les propos ci-dessus.

Ne pensez pas à un ours blanc
Ne pensez pas à un chat
Ne pensez pas à une table…

A quoi avez-vous pensé ? Avez-vous visualisé de objets ou des animaux ?
Une autre phrase permet de cerner l’aspect délétère du fait de refuser une expérience émotionnelle : « On ne peut pas partir d’un endroit où on ne s’est pas rendu. » (pour citer Pierre Philippot).
Il est difficile de partir d’une réunion si on ne s’y rend pas… Cela tombe sous le sens. Il en est de même pour nos émotions, quelles qu’elles soient.

Tant que nous refusons de les explorer, que nous continuons à penser aux façons dont nous pourrions les chasser, elles restent.

Le premier pas, afin de se dégager de ces « habitudes toxiques » est donc d’apprendre à reconnaître l’aversion.

La méditation pleine conscience / mindfulness est une invitation à réaliser ce travail d’exploration gentiment, en restant digne et droit(e).

 

L’attachement et l’aversion

Puisque le but de chacun est d’être heureux, chaque expérience que nous vivons, qu’elle soit sensorielle, ou conceptuelle (des pensées, des rêves éveillés…) est évaluée, et génère un sentiment positif, négatif, ou neutre, en fonction de l’impact que nous pensons qu’il a sur notre bien-être.
Cette évaluation donne donc une “couleur ou une tonalité émotionnelle”, à chaque événement que nous vivons, le rendant ainsi agréable, désagréable, ou neutre.

La réaction habituelle aux événements étiquetés comme agréables est l’attachement : nous nous y accrochons, et avons envie de les revivre.

En revanche, celle que nous avons lorsque nous vivons des événements étiquetés comme désagréables se nomme l’aversion : nous cherchons à tout faire pour nous débarrasser de ces expériences.

Enfin, si l’évaluation de l’expérience vécue est neutre, nous nous en désintéressons et nous déconnectons de l’expérience du moment.

reconnaître L’aversion

Intéressons-nous plus spécifiquement à l’aversion : cette réaction de rejet est tout à fait souhaitable en ce qui concerne des événements extérieurs, sur lesquels nous pouvons agir : si je me sens mal en présence d’une personne que je rencontre à l’occasion d’une soirée, je ferai en sorte de ne pas la revoir. Et c’est très bien ainsi. Si je me sens mal au travail et que j’ai la possibilité d’en changer, je vais faire en sorte de le quitter, pour mon plus grand bien.
Mais qu’en est-il lorsque l’événement que je cherche à supprimer se situe uniquement à l’intérieur de moi, et que je ne peux pas agir directement sur une cause externe (ex : lorsque je pense au travail qui me génère tant de stress, alors que je suis en vacances, ou que je souffre d’une douleur chronique, ou d’un acouphène, ou encore lorsque je ressasse une situation passée sur laquelle je ne peux plus agir) ?

Est-ce que je ne risque pas de tourner en rond avec cette volonté de faire cesser cette expérience désagréable, sans trouver de solution? Qu’est-ce que cela peut produire?

L’objectif de cette séance vise à reconnaître la mise en place de ce mécanisme. En effet, il est essentiel d’apprendre à repérer l’aversion, pour pouvoir ensuite y réagir autrement.

 

Apprendre à rester présent

Notre première attitude face à l’aversion consiste donc à vouloir la fuir. Avec la méditation pleine conscience / mindfulness, nous allons plutôt aller à sa rencontre, autrement, en apprenant à laisser la part la plus sage de nous-même observer cette expérience moment après moment.
Pour illustrer cette aptitude, certaines personnes parlent de “cultiver [une forme de] légèreté”.
Il nous faut donc apprendre à cesser de vouloir agir face à l’aversion, et simplement observer ce qui est là, en pleine conscience.

La consigne est simple, mais nous sommes tellement habitués à réagir face à elle, que son emploi nécessite quelques essais. Il nous faut apprendre à faire un pas de côté pour mieux observer ce qui est là, un peu comme si nous souhaitions regarder une œuvre d’art dans sa globalité, et que pour cela, il nous fallait reculer de quelques pas, pour mieux l’observer.

Les personnes qui pratiquent cela évoquent un sentiment “d’ouverture” dans ces moments.

Nous sommes ici invités à cesser de nous débattre face aux événements désagréables, et à les observer depuis une perspective plus large.

Retenons également qu’on ne peut rendre compte de tout cela que de façon très partielle, en utilisant les mots. Il est tellement préférable de pratiquer, plutôt que d’en parler!

Comment faire concrètement?

Pour l’heure, remarquons simplement notre envie de changer les choses,  apprenons à reconnaître l’aversion, et revenons gentiment à notre respiration, ou à notre corps, considéré dans sa globalité.

Pour nous aider dans cette tâche d’observation, nous pouvons imaginer que nos pensées sont comme des images projetées sur un écran de cinéma. Nous pouvons garder notre attention centrée sur cet écran tant que la pensée y figure, et ne pas nous y accrocher lorsqu’elle disparait. D’autres images peuvent être évoquées, comme celle de nuages dans le ciel, ou de feuilles passant sur une rivière.

Des sensations inconfortables peuvent survenir lorsque nous observons des pensées désagréables. Dans ce cas, nous pouvons explorer ces sensations en pleine conscience, puis ramener gentiment notre attention vers la respiration et le corps comme un tout.

Exercices à réaliser d’ici la semaine prochaine

  • Pratique de la méditation assise basée sur le corps, le son et les pensées 6 jours sur 7 ;

Version mp3 disponible ici

  • 3 minutes de respiration 3 fois par jour en condition neutre ;

mp3 téléchargeable ici.

  • 3 minutes de respiration conditions « faire face » au besoin, où il importe de reconnaître l’aversion

Vous pouvez également accéder aux informations relatives à :

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