Cette séance a pour objet de vous aider à prendre conscience des conséquences liées au fait de systématiquement vivre dans sa tête.

Vous y trouverez :

Des explications sur les deux modes de fonctionnement de l’esprit ;

Des renseignements sur ce qui ressort de la pratique du bodyscan/scan corporel ;

Des explications sur les liens entre pensées et sentiments ;

Ainsi que les exercices à réaliser d’ici notre prochaine séance.

Les deux modes de fonctionnement de l’esprit

Tout se passe comme si notre esprit avait deux modes de fonctionnement :

  • Le mode « faire » ou « résolution de problème », qui correspond au fait de vivre dans sa tête, où il cherche des solutions afin de passer d’un état A à un état B. De nombreuses pensées surviennent alors, afin de trouver la meilleure solution pour atteindre cet objectif, cet état B. Dans ces conditions, les pensées tourneront, le mental restera dans un mode d’évaluation, de comparaison, de jugement, tant qu’il n’aura pas atteint l’état B. Ce mode est très efficace pour résoudre des problèmes concrets, dont nous maîtrisons chacun des paramètres (comme lorsque nous faisons des travaux, ou que nous préparons un plat, ou encore que nous remplissons certaines tâches dans notre travail). En revanche, qu’en est-il lorsque notre objectif, l’état B souhaité, est abstrait, comme par exemple « être heureux », tandis que notre état A est la morosité ? Maîtrise-t-on tous les paramètres dans ce cas de figure ? Que peuvent donner des comparaisons incessantes entre notre état actuel, et celui souhaité ?
  • Le mode « être », qui consiste simplement à observer ce qui est, à accuser réception de ce qui se présente à notre esprit, avec gentillesse, tout en restant présent à l’expérience qui se déroule moment après moment.

En mode faire ou « résolution de problème », ou lorsqu’on a te,dance à vivre dans sa tête, nous ne connaissons notre expérience qu’à travers nos pensées. Nous sommes dans nos pensées. Le risque est alors de se perdre dans nos ruminations, et nos inquiétudes.

La pleine conscience du corps est une façon d’explorer un nouveau type de connaissance : une connaissance basée sur l’expérience de ce qui se passe ici et maintenant. On appelle cela une connaissance exprérientielle. Elle permet une autre approche de nos expériences désagréables, qu’il s’agisse de pensées ou d’émotions, sans se perdre dans les pensées et les ruminations.

Dans cette optique, les difficultés qui se présentent durant les pratiques sont des opportunités précieuses, afin de mettre en pratique le lâcher-prise de la pensée, et de se connecter à une conscience directe du corps.

Le vagabondage mental tourne souvent autour d’attentes déçues, y compris la déception due à la pratique qui ne se déroule pas comme nous pensons qu’elle le devrait . Autant de belles occasions pour apprendre à réagir autrement face à nos pensées étiquetées comme négatives !

Ce qui ressort de la pratique du bodyscan / scan corporel

Pour faire simple, l’exercice du body-scan peut être vu comme un entraînement qui consiste à placer son attention dans le moment présent, puis à la laisser partir, avant de la ramener à nouveau. L’invitation est ici d’arrêter de vivre dans sa tête.

En développant davantage, voici les intentions de l’exercice du scan corporel :

  • S’entraîner à délibérément placer l’attention sur un point, puis à délibérément libérer l’attention ;
  • Noter les états mentaux et le vagabondage de l’esprit, établir avec eux une relation différente : les reconnaître, et revenir au premier point de focalisation ;
  • Permettre aux choses d’être comme elles sont ;
  • Développer le principe d’une expérience directe et expérientielle : développer une attitude d’observation sans jugement ;

Voici maintenant une liste de questions qui reviennent fréquemment à ce stade du protocole, lorsque nous pratiquons le bodyscan.

Que faire quand l’esprit vagabonde ?

Le vagabondage mental est souvent considéré comme une faute, qui doit être corrigée. Mais « vagabonder » est le propre de l’esprit. C’est dans sa nature, nous ne pouvons pas l’en empêcher.

La méditation de pleine conscience ne consiste donc pas à se vider l’esprit. En effet, même des personnes ayant une très longue pratique observent de nombreuses pensées qui leur passent par l’esprit. Chez elles, la différence réside dans leur attitude face à ces pensées : c’est un peu comme si elles écoutaient une émission à la radio. Elles ont le choix de s’en détacher, et de poursuivre le cours de leur vie.

L’idée n’est donc pas d’arrêter les pensées, mais de modifier notre manière d’être en relation avec elles.

Pour ce faire, lorsque nous constatons que l’esprit est parti dans une pensée, l’invitation est de reconnaître qu’il a erré, de noter où il est allé, puis de doucement ramener l’attention vers la respiration ou le corps.

Où que l’esprit soit parti, y compris dans des pensées difficiles, il est toujours possible de le ramener, puis de se recentrer lors du moment qui suit.

Gardons en tête que se désengager des vieilles habitudes de l’esprit est une des compétences de base de la pratique de la pleine conscience. Cela demande de l’exercice, d’où l’utilité d’un programme se déroulant sur huit semaines, et d’une pratique quotidienne à la maison, durant cet intervalle.

Est-ce que je fais l’exercice correctement ?

Toutes les personnes souhaitant apprendre la méditation pleine conscience se posent cette question, voient cette pensée surgir dans leur horizon mental, lorsqu’elles réalisent un exercice.

Le mieux à faire est alors de prendre conscience de ce jugement sur nous-même, comme on le ferait avec n’importe quelle autre pensée, puis de ramener, avec une intention bienveillante, notre attention vers la partie du corps explorée.

Pensées et sentiments : les conséquences du fait de vivre dans sa tête

L’exercice que nous avons réalisé vise à nous faire prendre conscience du lien étroit, et réciproque entre les pensées et les émotions.

Il nous permet de prendre conscience du fait que :

  • Ce n’est pas tant ce qu’il se passe, mais le sens que nous y donnons, qui détermine nos réactions ;
  • Les émotions influencent nos réactions corporelles ;
  • Nos réactions peuvent être de « vieilles routines », ancrées de longue date ;
  • Il n’y a pas de vérité universelle, d’explication unique ;
  • Nous pouvons vivre un même événement de façon très différente suivant notre état d’humeur ;
  • La façon dont nous interprétons ce qui nous arrive joue un rôle très important sur notre humeur.

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Travail à domicile

  • Bodyscan 6 jours sur 7

enregistrement mp3 disponible ici.

  • Pleine conscience de la respiration 6 jours sur 7

enregistrement mp3 disponible ici.

  • Repérer les moments agréables, une fois par jour
  • Cultiver la pleine conscience dans des activités routinières.

Vous trouverez la fiche permettant de retranscrire vos exercices ici.

Après avoir lu la description de la séance « vivre dans sa tête », vous pouvez également consulter les articles décrivant :

Cette séance fait partie du programme sur huit semaines à destination des adultes.